PARCOURS DEPUIS LA CREATION DE LA Mutualité des Grands Lacs

I. CREATION DE LA MUTUALITE DES GRANS LACS COMME FOYER DES MIGRANTS

BureauCi contre au bureau de la Mutualité des Grands Lacs sis à la Rue Saint Boniface N°25 , le Président de la Mutualité des Grands Lacs Jean-Marie RURIMIRIJE, recevait le journalistes de la RTBF Liège pour un reportage.








Le 12 décembre 2001, des migrants de la diaspora burundaise créaient la Mutualité des Grands Lacs, conçue comme foyer des migrants. Elle fut créée sous forme d’asbl, Association Sans But Lucratif , conformément à la loi du 27 juin 1921 telle que modifiée par la loi du 02 mai 2002, afin d'organiser un cadre de solidarité et d'entraide mutuelle, de connecter la diaspora à la vie du pays d'origine.

Il est vite apparu que cette connexion au pays d’origine ne pouvait se limiter ou être limitée à la seule promotion des valeurs culturelles burundaises. Toutefois, comme les moyens d’engager plusieurs actions d’envergure sur tous les axes n’étaient pas disponibles, la M.G.L a dû cibler les priorités à privilégier dans ses actions afin d'ordonner dans le temps les initiatives à mettre en place. Le premier constat du diagnostic réalisé auprès de la diaspora des migrants originaires des Grands Lacs et du Burundi en particulier est que ces migrants vivent dans la précarité pour la plupart. Dès lors, toute initiative en leur direction devait partir de cette donne.

La Mutualité des Grands Lacs fit sien le défi de s'attaquer, avec les moyens du bord, aux problématiques suivantes :

1. L'envoi, par les membres de la diaspora, de petites aides financières aux membres de leurs familles demeurées au pays. Compte tenu de la précarité financière de la majorité de ces migrants, les systèmes classiques d'envois d'argent étaient paralysants pour ceux qui, déjà, ne parviennent que très difficilement à mettre de côté quelques dizaines d'Euros.

2. La problématique du fret pour petits colis : L'envoi de petits colis aux proches restés au pays coûtait souvent plus que le prix de ces modestes colis eux-mêmes. Bien plus, les départs de fret étaient aléatoires et des plus incertains.

3. La promotion des projets des jeunes migrants.

4. La promotion des valeurs culturelles. Comme le dit l'adage : " La Culture adoucit les moeurs ". Il est apparu que le partage par les manifestations culturelles constituait un facteur d'intégration dans le pays d'accueil à côté de la formation à l'emploi. Surtout quand les difficultés d'accès à l'emploi peuvent faire basculer vers le découragement, la démobilisation et finalement vers la délinquance.

5. La participation au combat contre l'émigration au pays même. L'acuité de cette problématique est omniprésente. Le plus préoccupant de ses attributs est que les nouveaux migrants sont de plus en plus jeunes croyant trouver l'eldorado en Europe. Le désenchantement est à la hauteur des espoirs qui partent en fumée. De surcroît, et contrairement aux migrants d'autrefois pour ceux provenant des Grands Lacs et du Burundi en particulier, aujourd'hui ces jeunes migrants arrivent avec des lacunes en instruction. Ce qui rend leur intégration encore plus hypothétique.

La Mutualité des Grands Lacs a donc classé parmi ses priorités la participation à la création d'emplois au pays, car tout emploi créé est une brique posée dans le développement et surtout dans un pays aussi pauvre que le Burundi sortant de surcroît d'une guerre atroce de plus de dix ans. Réalisant que pour préparer à l'emploi il faut former les jeunes, la Mutualité des Grands Lacs veut mettre en en avant au pays, la formation des jeunes. Les lacunes en matière de formation sont criantes dans les pays les plus pauvres et surtout sub- sahariens. On se souviendra de la tragédie des deux jeunes Guinéens Fodé et Tounkara et de l'émouvant testament qu'ils ont laissé.

II. DES REALISATIONS ENCOURAGEANTES

1. Support à l'envoi d'aide financière aux familles restées au pays

La Mutualité des Grands Lacs a démarré se activités avec quelques envois d'argent, d'abord à partir de la Belgique. Par la suite il y eut une extension à la France, les Pays-Bas, la Suède et la Norvège. Dans un premier temps l'activité fut conduite en collaboration avec des Burundais résidant au pays. Avec le développement du nombre des envois la Mutualité des Grands Lacs a conclu un partenariat avec la SBF, Société Burundaise de Financement. Les membres de la diaspora burundaise ont apprécié la qualité du service offert, dû notamment à l'esprit d’initiative des promoteurs, et ont fait de plus en plus appel à cette assistance. Les promoteurs de la Mutualité des Grands Lacs ont alors décidé de créer au sein de la Mutualité des Grands Lacs, la CODIBU, Coopérative de la Diaspora Burundaise.

2. L’initiative CODIBU

La CODIBU, Coopérative de la Diaspora Burundaise, a été mise sur pied pour supprimer, pour ceux qui adhèrent, tous frais d'envoi d'assistance financière aux familles restées au pays, moyennant une cotisation mensuelle de 5EUROS par membre. Cela s'avéra être un pas énorme compte tenu du fait que ces migrants vivent souvent dans la précarité. Aujourd'hui, un membre de la diaspora membre de la CODIBU peut envoyer à un proche même un montant de 10 EUROS. Ce qu'aucun système de transfert d'argent ne permet, les seules frais absorbant déjà les 10 EUROS.
La CODIBU s’inscrivait dans un cadre étendu visant à:

a. Créer, au sein de la diaspora burundaise éparpillée à travers les continents, une chaîne de solidarité et d'entraide organisée

b. Développer sans cesse les canaux d'acheminement de l'assistance aux familles restées au pays ;

c. Contribuer à l’émergence de réseaux d'épargne solidaire capables de financer des micro-projets notamment au pays afin de créer une présence participative et active de la diaspora dans la reconstruction et le développement de leur pays d'origine, l'un des cinq pays les pauvres de la planète. 

 3. L’accès à un fret bon marché et l’agence en douane Codibu Agence Plus

Colis à envoyer au BurundiLa M.G.L a conclu avec une grande agence de fret aérien la rétrocession de volumes bi-mensuels de fret aérien pour permettre aux membres de la diaspora d’envoyer des colis à des tarifs préférentiels.

 

 

 

 

 

Malheureusement, les flambées du cours du pétrole de ces dernières années sont à l’origine d’une hausse continuelle du coût du fret. A tel point que du forfait de 66EUROS négociés pour un envoi de 30 Kgs à destination de Bujumbura en 2003 il y a eu des hausses successives dues à la « surcharge carburant »

A tel point que du forfait de 66EUROS négociés pour un envoi de 30 Kgs à destination de Bujumbura il y a trois ans, on en est arrivé par hausses successives dues à la facturation dite de « surcharge carburant » à 128EUROS, soit une hausse de 100%.Finalement la Mutualité des Grands Lacs a inspiré la mise en place d’un service de réception de fret pour expédition, sis Rue Saint Boniface N°25. En plus du service rendu à la diaspora, les personnes de passage y trouvent la solution d’extrême facilité pour expédier leurs bagages en trop; par les temps passés c’était un véritable tracas. La présence à Bujumbura de l’agence en douane CODIBU Agence Plus permet d’assurer un service de bout en bout pour le compte du client.

C’est au mois d'Août 2004, que l’agence en douane " CODIBU Agence Plus " a été agréée par le Ministère des Finances du Burundi. La dynamique devant continuer il reste désormais à développer l’envoi de petits colis en les regroupant pour en réduire le coût d’acheminement. Par après il s’agira de développer  un service " porte à porte " (door to door en anglais).

4. Promotion des initiatives de jeunes migrants

La Mutualité des Grands Lacs a financé l'ouverture d'un salon de coiffure au profit de jeunes migrants de la diaspora burundaise. Le salon se trouvait au siège même de la Mutualité des Grands Lacs à Bruxelles, Rue St Boniface N° 25 dans la Commune d'Ixelles à Bruxelles. La Mutualité des Grands Lacs a pour principe qu’une activité pouvant occuper ne fusse que deux jeunes devient, par effet d’entraînement, un lieu de rencontre sain permettant, entre autres, de vaincre l’isolement. La Mutualité des Grands Lacs soutient, chaque fois que c’est possible, les œuvres des jeunes, que ce soit dans le domaine de la chanson que des diverses activités culturelles et sportives. Le salon a surtout permis à des jeunes d’améliorer leurs connaissances du métier de coiffure de sorte qu’ils ont être en mesure de s’établir à leur compte.

III. LA MUTEC ET LES TROIS DEFIS  « migrants solidaires=projets créateurs d’emplois ; migrants acteurs au pays=frein à l’émigration ; Transfert de savoir-faire=moteur du développement »

1. La MUTEC, une initiative de la diaspora créatrice d’emplois

Mutec

C’est le 23 Juillet 2004 que le Ministre du Développement Communal procéda à l’inauguration officielle de la MUTEC. Dotée alors d’un capital social de 200 Millions de FBU, la MUTEC ouvrit ses premiers guichets au public (trois guichets au départ) le 26 Juillet 2004 à 8 heures du matin.
Ayant son siège établi au N° 26, Avenue de l’Enseignement, BP 2932 à Bujumbura, la Mutuelle d’Epargne et de Crédit, MUTEC en sigle, a été agréée, comme institution de microfinance par ordonnance du Ministre du Développement communal le 13 Mai 2004.

 

 



Ce sont des migrants de la diaspora, initiateurs de la Mutualité des Grands Lacs asbl ( MGL en sigle) qui sont partis monter, en collaboration avec des acteurs locaux, l’institution de microfinance dénommée « Mutuelle d’Epargne et de Crédit » au BURUNDI.
Après seulement 15 jours d’activités la MUTEC avait déjà mobilisé 80.000 mBif d’épargne avec 810 adhérents. Ces derniers étant constitués de petits commerçants, artisans, fonctionnaires, associations et groupements de plusieurs secteurs de production.

Début avril 2006, le nombre d’adhérents franchissait la barre des 20000. Plus de 200 prêts ont déjà été décaissés pour un montant de plus de 350 millions de FBU. Le démarrage de la première agence à l’intérieur du pays, a eu lieu en juin 2006 à GITEGA.

Ci-dessus le personnel de la MUTEC au défilé du 1er mai, fête internationale du Travail. Tout emploi créé est une contribution à la lutte contre la pauvreté et l’émigration.

La MUTEC a démarré avec un effectif de personnel de 11 unités. L’affluence d’adhérents a dépassé toutes les prévisions à tel point qu’il a fallu, après seulement un mois d’existence, mettre en service de nouveau guichets et donc recruter un personnel supplémentaire.

Partant de 11 travailleurs le 23 juillet 2007, les effectifs de la MUTEC atteignaient 67 personnes fin 2006 et avoisineront 100 employés à l’horizon 2007.

Dans un pays où le manque d’emplois atteint des dimensions dramatiques, toute création d’emplois est la bienvenue quand on voit le nombre de jeunes qui, malgré leurs diplômes, passent des années sans décrocher le moindre emploi.

 

2. Migrants acteurs au pays comme frein à l’émigration

Le discours politique ambiant sur l’immigration dans les pays développés victimise les immigrants par ses amalgames sécuritaires. Ce type de discours passe sous silence l’histoire, celle des migrations. L’Amérique du Nord comme du Sud a été peuplée par des populations européennes en quête légitime de prospérité ; la misère, par ailleurs sciemment entretenue au Sud, fait qu’aujourd’hui les flux migratoires se font du Sud vers le Nord. Les terres d’émigration d’hier sont devenues les terres d’immigration d’aujourd’hui.

Il faut donc changer la manière de voir et de traiter la problématique de l’immigration africaine. Il faut désormais traiter le mal par ses causes. En investissant davantage en Afrique, en redonnant espoir à sa jeunesse par des projets de développement, la tendance fera vite de  s’inverser. On ne verra alors plus de jeunes « Fodé et Tounkara » tentant de s’arracher au mauvais destin par des voies désespérées. En Asie du Sud Est les «  boat people » ont quitté l’actualité dès que la situation économique dans la région s’est soudainement améliorée.

C’est ainsi que la Mutualité des Grands Lacs a choisi d’apporter sa contribution à cette dynamique visant à redonner l’espoir à la jeunesse africaine, spécialement celle de l’Afrique des Grands Lacs. L’action doit porter sur deux plans, le plan local d’une part et la diaspora d’autre part. D’abord en participant au Burundi à la mise en place de la MUTEC, qui a créé des emplois et valorisé les compétences des jeunes. Ensuite en agissant au niveau de la diaspora pour qu’elle s’implique activement, les voies d’intervention étant nombreuses passant par la participation au transfert des compétences au démarrage de petits projets de développement au pays pour eux-mêmes ou leurs proches.

3. Acquisition d’expérience en vue d’une meilleure participation au transfert de compétences et de technologies pour le développement

Le développement c’est d’abord valoriser les compétences et les améliorer et le cas échéant les créer. Avec l’aide de la Mutualité des Grands Lacs le personnel de la MUTEC a subi une formation générale avant l’inauguration et l’ouverture des tous premiers guichets aux adhérents, afin d’optimiser l’efficacité dès le départ. Régulièrement le personnel de la MUTEC est appelé à suivre des formations de mise à niveau permanente. Cela d’autant plus que l’outil de gestion informatisée doit être régulièrement mis à jour et adapté aux exigences de performances et de volume d’activités. Dans ce domaine la MUTEC collabore avec des praticiens chevronnés dans le domaine de l’informatique de gestion en microfinance.

La MUTEC et la Mutualité des Grands Lacs saisissent toutes les opportunités offertes pour une plus grande communication. En 2005 la Mutualité des Grands Lacs a envoyé quatre délégués à la Conférence organisée par le Ministère de la Coopération au Développement du Royaume de Belgique, conférence portant sur le thème « Entreprendre en Afrique Centrale ».

En novembre 2005, la Mutualité des Grands Lacs et la MUTEC organisaient, à Rotterdam aux Pays Bas un Symposium sur la Microfinance au Burundi, dont les travaux furent particulièrement appréciés par la diaspora burundaise venue nombreuse et en présence de nombreuses ONG de développement.

En mars 2006 (15 et 16 mars) la Mutualité des Grands Lacs a participé à la Conférence Internationale sur les Migrations, organisée à Bruxelles par le Ministère Belge de la Coopération au Développement sous le haut patronage du Ministre De DECKER.

 

 

 

 

 

4. Des initiatives qui ne passèrent pas inaperçues

En mars 2006 Jean-Marie RURIMIRIJE, Président de la Mutualité des Grands Lacs recevait, en compagnie de trois autres migrants originaires d’Afrique,le prix AFRICAN AWARD, qui est décerné chaque année en Belgique à des migrants qui se sont illustrés par des apports originaux.

 

 

 

 


En juillet 2006, le Président de la République du Burundi, Son Excellence Pierre NKURUNZIZA remettait à Jean-Marie RURIMRIJE, le Certificat de Mérite patriotique en rasion de l’initiative MUTEC qui, non seulement a permis de créer des emplois mai aussi d’octroyer des microcrédits.

 

 

 

 

5. Bujumbura 17-18 juillet 2006 :La Mutualité des Grands Lacs organise à Bujumbura la Conférence sur la Migration et le Développement « Grands Lacs 2006 »

La conférence a démarré le lundi 17 juillet 2006 à l’hôtel Sources du Nil à Bujumbura. Les alentours étaient hauts en couleurs. Le Président de la République, S.E Pierre NKURUNZIZA est venu lancer les travaux. On le voit ici accueilli par Monsieur Jean-Marie RURIMIRIJE, Président de la Mutualité des Grands Lacs et du comité  d’organisation de la conférence.

 

 

 

 


C’est à 9H50 que Son Excellence Pierre NKURUNZIZA, Président de la République du Burndi a procédé à l’ouverture officielle des travaux de la Conférence.

 

 

 

 

 

 


Dans son discours le Président NKURUNZIA a félicité les organisateurs et souhaité que les migrants originaires de la Région des Grands Lacs prennent conscience de l’état de délabrement de leurs pays d’origine et s’impliquent activement dans la reconstruction.
Lors de son passage à Bruxelles en décembre 2005, trois mois après son investiture, le Président burundais avait souhaité voir les migrants prendre des initiatives de toutes sortes pour leurs pays d’origine. C’est ainsi que tout a été mis en œuvre pour mettre en évidence l’importance accordée à l’événement.


En plus des membres du Gouvernement venus très nombreux à l’ouverture, le corps diplomatique était au rendez-vous, il y avait plusieurs Chefs de Missions Diplomatiques dont l’Ambassadeur de Belgique du Royaume de Belgique.


Tout naturellement il est revenu au Nonce Apostolique de faire une prière  avant de débuter les travaux.


L’Ambassadeur de Belgique au Burundi, S.E François de CLOSET s’est adressé à l’assistance et, dans une allocution fort remarquée, il a formulé une recommandation visant à créer les conditions préalables à une participation efficace des migrants dans la reconstruction. Il s’agirait, notamment, de résoudre le problème de la scolarité des enfants des familles de migrants rentrant s’installer au pays.


Le Projet MIDA des Grands Lacs de l’OIM à Bruxelles, a financé la participation à la conférence de trois équipes locales de MIDA pour le Rwanda, la RDC et le Burundi. Un espace conséquent leur a été réservé pour présenter l’action MIDA dans ces pays.

Beaucoup de participants à la conférence  ignoraient jusqu’à son  existence.  Alors que dans la salle même’ de conférence il y avait des migrants en mission MIDA et d’autres qui avaient exécuté de telles missions sur place.


Bien entendu on ne peut manquer de faire cas des nombreux migrants de la diaspora qui ont pris part à la conférence et venant de toutes parts.  


Parmi les migrants venus prendre part à la conférence  tout le public a remarqué  la présence de Dieudonné KWIZERA, un ancien athlète de renommée internationale puisqu’il fut champion du monde du 800 m  à Edmonton (en costume bleu clair à droite de l’image). A sa gauche on voit l’artiste John Chris, un chanteur qui n’est plus à présenter et dont la renommée poursuit une ascension fulgurante.


La Mutualité des Grands Lacs s’est engagée à apporter sa petite contribution au combat contre l’émigration de la jeunesse des pays des Grands Lacs. C’est ainsi qu’une attention particulière est accordée à tout ce qui peut galvaniser l’espérance des jeunes.

C’est ainsi que ce jeune prodige chanteur alors âgé seulement de 11 ans a été la vedette de l’animation de la conférence. Cette animation, relayée par Internet en direct, a été hautement appréciée par les migrants qui suivaient à distance l’événement.

 

 

 


La MUTEC, Mutuelle d’Epargne et de Crédit au Burundi, est actuellement la plus grande initiative des migrants. C’est ainsi que le Directeur Général de la MUTEC, Denis NDIKUMANA, a pu  présenter cette IMF au  succès retentissant.


IV. FACE A L’EXTREME PAUVRETE AU SUD, MIEUX CANALISER LES TRANSFERTS FINANCIERS DES MIGRANTS POUR UNE MEILLEURE CONTRIBUTION A LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE.

L’exemple des transferts financiers par les migrants révèle des facettes insoupçonnées quant l’évaluation de l’impact des migrations dans la concrétisation des OMD, les Objectifs du Millénaire consacré au Développement.

En 2007, la Banque Mondiale estimait les envois de fonds internationaux officiellement enregistrés par voie formelle perçus dans les pays en développement à plus de 200 Milliards de dollars US, soit plus que l’aide au développement. Au Nord certains ont même proposé que ces transferts soient comptabilisés comme s’ils faisaient partie de l’aide au développement. Ce qui constitue une hérésie à au moins deux titres car,  non seulement ces transferts proviennent presque exclusivement de migrants de surcroît eux-mêmes  victimes de la précarité  dans la plupart des cas mais aussi et surtout en aval, les familles bénéficiaires ne constituent toujours qu’une infime partie de la population.

Certes, ces transferts de fonds permettent de faire face à la pauvreté au quotidien des bénéficiaires, puisque environ 60% de ces montants sont affectés à des dépenses primaires (alimentation, habillement, logement…). On a finalement conclu qu’ils jouaient pleinement un rôle de filet de sécurité sociale au niveau des ménages, tout en générant un effet multiplicateur.

Il est admis, et cela dans un cadre plus communément partagé, que les transferts de fonds injectés dans des projets de développement local ont des impacts positifs à long terme. Toutefois, ces transferts de fonds ne peuvent pas être considérés comme la panacée dans le cadre d’une réduction généralisée de la pauvreté  et ce pour plusieurs raisons dont les deux analysées ci-après :

  • Comme le souligne l’OIM, Organisation Internationale des Migrations dans le document intitulé «  Communautés de migrants et développement », il apparaît que : « Les migrants de la même région natale ou de la même localité se concentrent souvent dans les mêmes zones géographiques...Les organisations de migrants et les diasporas sont enclines à soutenir des projets de développement locaux ou régionaux (plutôt que nationaux)… »
  • Les migrants ne représentent souvent, en l’occurrence dans la Région des Grands Lacs, qu’un très faible pourcentage de la population. L’accès à la migration est un phénomène des plus inégalitaires ; dès lors c’est une infime partie des ménages qui bénéficient de ces transferts de fonds. 

Il apparaît donc que pour constituer un levier de lutte contre la pauvreté à long terme et en avec des effets à large spectre sur toute la collectivité il faut intégrer l’utilisation de ces fonds dans un cadre de solidarité nationale et internationale. C’est ainsi que nous plaidons, et nous l’avons déjà fait à d’autres occasions, pour la création d’une grande IMF pour le développement de la Région des Grands Lacs.

C’est ainsi que dans la promotion des services de la diaspora passant à travers la MUTEC, nous incitons les utilisateurs à avoir une vision de plus en plus large, non réduite à une aide ponctuelle aux seuls proches,  à mettre sur pied ce qui peut être utile à tous notamment l’épargne qui est rémunérateur mais aussi générateur de prêts non sélectifs. C’est ainsi que, les services à développer auprès de la MUTEC, auront pour finalité non pas juste d’acheminer les petites aides vers les proches mais aussi et surtout de faciliter aux migrants l’implication à une lutte durable contre la pauvreté par le biais de mise en place de petits projets de développement pour eux-mêmes ou pour leurs proches.

V. La Mutualité des Grands Lacs est désormais agréée comme ONG de Développement

Suite à une requête introduite par la Mutualité des Grands Lacs en janvier 2006 la Mutualité des Grands Lacs a vu ses efforts récompensés puisque, le 20 mars 2007, le Ministre de la Coopération au Développement, Armand De DECKER, signait l’arrêté d’agrément de la Mutualité des Grands Lacs comme ONG de Développement.

En mars 2006 (15 et 16 mars) la Mutualité des Grands Lacs a participé à la Conférence Internationale sur les Migrations, organisée à Bruxelles par le Ministère Belge de la Coopération au Développement sous le haut patronage du Ministre De DECKER.